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Soubat + Kreuz

Soubat + Kreuz ||  cie Danse Etik / la cie Tche-Za || Festival Total Danse||  Samedi 17 novembre  || 19h || au Théâtre Lucet Langenier  ||  10 ou 6€  || Danse 


Soubat-Kreuz La danse n’est pas uniquement répertoire inspiré du légendaire ; elle ne se limite pas non plus à l’acrobatique aventure du corps, comme une variable sans cesse déclinée du Hip-hop, non, danser est comme un cri chorégraphié, une histoire de l’intériorité, le dit corporel de l’ineffaçable déchirure de l’enfance.


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Soubat'

Merion Lino écrit avec sa chair la misère les hauts, cette jeunesse cicatrice perdue dans la fragilité coupante de la case en tôle. Taulard de son passé, soulé de mots trop souvent hurlés, de bruits fracassants, livré aux errances d’une fausse liberté… Et puis, à force de se battre, de se combattre, de se débattre, il avance dans le fénoir d’un devenir condamné.

Mais un choc sauvetage, un K.O. de lumière et voici qu’il entend l’appel d’une Sirène urbaine, planquée, inaperçue et qui pourtant le guette, le discerne et le cerne : La Danse ; celle qu’on nomme le « Krump », un art de révolte qui s’envient scander son pas blessé par un chaos désarticulant. Commence alors un voyage insensé, difficile et merveilleux ; la vavangue extrapolée écrit son existence, il dit le vrai de lui-même, il danse. Il « EST ».



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Kreuz

Dans le titre « Kreuz », il y a l’initiale, l’initiative du « Krump », danse explosivement expressive, agressive, presque terrifiante, qui prend sa source, la sève de sa force vive, dans les émeutes raciales qui ont embrasé Los Angelès en 1992. Salim Mzé Hamadi Moissi en fait l’oriflamme d’une émotionnelle sincérité qui clame les variances de la colère incontrôlée.

Nous serons happés par un débordement, une transfiguration de l’homme dansant comme un esprit vivant de la transe, chargé de fragrances inspirées d’Afrique, lourd des incidences qui rythment les ghettos où s’enflamment des incendies de révolte. Et vibre alors une tension absolue qui n’est pas volonté de démanteler le monde, mais récit marqué au fer rouge des injustices, appel de la douleur, énergie habitée, quasi possédée.

Sur scène apparaît un deuxième homme, telles l’ombre et l’âme du premier, son apprenti duel, son dédoublement, son successeur duo. Spectacle âpre et transcendé, aux stigmates ineffacés de la terre matrice de l’Afrique, comme la libération des ressentis masqués, refoulés, que l’on s’interdit. Un regard fascinant sur des écorchés vifs, poignant comme une griffure de la mémoire qui nous ramène aux fondements de l’Humain. A voir pour la transmission de l’Histoire au-delà des mots menteurs qui figent le passé.








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